parallélisme étendue-pensée

Bien qu'il n'y ait pas d'interaction directe entre l'étendue et la pensée, il y a un parallélisme qui permet l'intelligibilité du monde.L'homme est le lieu de cet interconnexion en ce qu'il prend conscience, à travers la connaissance du 2 et 3e genre, de ce parallélisme. L'homme produit de la pensée, ou plutôt la pensée se produit en l'homme. Il y a dans l'axiome : l'homme pense, (et non « je pense ») une désubjectivation de la pensée, car ce n'est pas un je (conscient de lui-même) qui génère une pensée mais une pensée qui se manifeste, comme activité (ou fonction) corporelle, à travers l'homme. Subjectivement, à partir d'une expérience partielle où l'imagination se mêle à une connaissance inadéquate (parce que partielle), les hommes, comme individus ou en groupe, produisent des représentations plus ou moins (in)adéquates, mais ces représentations ne présentent pas en soi les garanties d'une connaissance adéquate.

Tout la question reste d'élucider un triple jeu d'analogie structurale : entre l'ordre des idées (en Dieu) et l'ordre des choses, entre la représentation mentale du monde et l'ordre concret de ce monde, et entre l'enchainement des idées et l'enchainement des affects du corps. Iici surgit deux difficultés : nous n'avons connaissance subjectivement que de l'enchainement des affections du corps, mais pas de l'enchainement réel (en nature) des choses causant les affections du corps, cependant nous savons que choses (extérieures) et corps existent et sont en interactions car nous avons une idée des affections du corps.

Donc nous avons l'homologie structurale entre choses et idées (en se rapportant à Dieu sive natura), et l'homologie structurale entre les affections successive du corps et l'ordre et connexion des choses, donc homologie structurale entre notre idée des affections du corps et, d'une part, les affections réellement subies et l'ordre et la connexion des choses. Du constat de cette homologie structurale surgit l'idée de l'ordre et la connexion des choses (tout comme surgit l'idée des affections du corps)

La prise de conscience de soi, comme sujet séparé et en interaction avec le monde (que nous percevons comme séparé de nous), s'opère à travers la perception des affects du corps, mais tant que nous en restons là, nous nous maintenons dans une perception subjective qui fait obstacle à la connaissance réelle du monde.

Comment passer de l'idée de l'affection du corps à l'idée exacte (adéquate) de l'ordre des choses ?

A noter aussi qu'une autre relation d'homologie structurale doit être pensée : celle entre l'état cérébral (qui est un certain état du corps) et l'état mental (ordre et enchainement d'idée) mais aussi entre l'état mental vécu subjectivement (pensé) et la trace langagière – donc se déployant dans le champ de l'étendue – de notre description de cet état mental. Laquelle est perçue comme objet sensible affectant matériellement notre corps.