essai d'analyse d'un conte des frères Grimm.

Les trois cheveux d'or du diable

Patrice Deramaix.

notes

vers bibliographie


  1. A.J. Greimas, Du sens, Essais sémiotiques. Paris, le Seuil, 1970, cité par Georges Jean, le Pouvoir des contes, Tournai, Casterman,1981. p. 113. retour

  2. Frazer J. G., le Rameau d'or, éd. Laffont, 1981. - tome 1, p. 20. - retour

  3. R. Graves suggère que le mythe d'Oedipe trouve son origine dans une mésinterprétation, par les envahisseurs patriarcaux de Minos, civilisation alors matriarcale, de cette coutume confondue avec un parricide suivi d'inceste. cfr R. Graves, les mythes grecs, éd. Hachette/Fayard, 1983. - coll. Pluriel, Tome 2, p. 11. - retour

  4. J. Campbell, Le Héros aux mille et un visages. éd. R. Laffont, 1977, p. 257. - retour

  5. Graves op. cit, tome 1, p. 256. - retour

  6. Frazer, Le Rameau d'or, op cit, Tome 1, p. 128. retour

  7. Selon Jeffery le délinquant se caractérise par une "dépersonnalisation" sociale : la formation de son moi et de son surmoi a été défectueuse par suite de son identification imparfaite avec les figures parentales ; son intégration dans la société laisse à désirer : il n'a pas pus s'y situer comme il le souhaitait. (cfr rubrique Délinquance, (sociologie de la -), par D. Szabo, in Encyclopaedia Universalis.
    Je garde l'effarant souvenir d'une interview télévisée d'un enfant de Los Angeles, plusieurs fois homicide parce que embrigadé à 10 ans dans la guerre des gangs de quartiers populaires de sa ville : le cas semble être une parfaite illustration des thèses de Jeffery : comment peut-on s'identifier positivement à des parents chômeurs et assistés sociaux, comment peut-on s'intégrer dans une société qui refuse tout avenir aux défavorisés sociaux ? Dans de telle circonstances, le jeune adolescent ne peut que survivre psychologiquement en s'intégrant dans une bande, effrayante réplique - au coeur d'une société à la fois matérialiste et puritaine - de la horde primitive, réduite à - littéralement - s'entretuer pour le contrôle d'un territoire marqué par les graffitis. - retour

  8. B. Grunberger , le conflit à l'adolescence, in L'Oedipe, un complexe universel, éd. Tchou. 1977, p.228-229. Ce même auteur explique la kleptomanie de l'enfant par un refus névrotique d'amorcer une relation objectale en se constituant un "trésor" investi d'une charge fantasmatique à caractère narcissique. Ce comportement marque fort bien un refus d'intégration sociale où la reconnaissance de l'autre comme autre (et non pas seulement comme reflet de moi) est nécessaire. - retour

  9. Platon, Protagoras, 32O e - 322 d , in Oeuvres complètes, éd. Gallimard, la Pléiade, p.88 à 90. retour

  10. S. Freud décrit la névrose démoniaque du peintre Christophe Haitzmann dans lequel le diable est un substitut du père. cfr S. Freud, Essais de psychanalyse appliquée, éd. Gallimard, coll. Idées, p. 223 et sq. - retour

  11. J. Campbell, Le Héros aux mille et un visages, op. cit. - retour

  12. cfr l'Oedipe, un complexe universel, op. cit., p. 141. - retour

  13. B. Grunberger, op cit, note que "l'énigme en soi est un genre sadique, car qui dit énigme dit toujours piège anal. On met l'autre devant une difficulté, un obstacle, alors qu'on jouit soi-même d'une maîtrise absolue ; on voit alors l'autre s'empêtrer et sa peine est d'autant plus grande que le pari est lié à une perte (castration ou mort). L'obscurité est en soi un piège anal : on "entube" sa victime..." - retour

  14. En se référant au mythe de la Toison d'or, Graves signale que le mythe de Jason trouve peut-être son origine dans le sacrifice du roi : selon certaines sources (Simonide, cité par le Scholiaste Appollonios de Rhodes) l'objet de la quête des Argonautes était une toison noire, semblable à ce masque de mouton noir que portait un vieil homme rituellement mis à mort et ressuscité par ses compagnons. Ce vieil homme, dans cette cérémonie pratiquée en mai sur le mont Aelion, représente le roi sacrifié à la fin de son règne. L'arrachement des cheveux d'or peut dès lors être rapproché de la capture de la toison d'or. Il est une mise à mort du roi déchu. voir Graves, op. cit, tome 2, p.218. - retour

  15. Loin d'être un amoral pervers, comme la représentation populaire du machiavélisme le suggère, l'auteur du Prince était animé du souci du bien commun et voulait la pacification des cités italiennes déchirées par des rivalités internes. Mais plutôt que de promouvoir une utopie destructrice à la Savanarole, qui voulait convertir de force ses sujets, il considérait les sujets du Prince comme irrémédiablement égoïstes et préconisait une stratégie politique utilisant et détournant les égoïsmes et les ambitions en faveur de la communauté entière. En cela, Machiavel avait parfaitement intégré en politique le principe de réalité. - retour

  16. Les Bambaras pensent que les souris se transforment en crapauds pendant la saison des pluies. Si le crapaud symbolise la luxure féminine, la souris pourrait représenter le débridement de la sexualité masculine. Ce même peuple croit que les souris, qui dévore les clitoris des filles excisées, véhiculent l'aspect masculin de l'âme des adolescentes. - retour

  17. au sens sartrien du terme : la mauvaise foi pour Sartre est "une négation de soi", une attitude qui se pose à soi même les conditions de son anéantissement, de son mal-développement. Cfr J.P. Sartre, Etre et Néant. Gallimard (Tel), p. 82. - retour

  18. cfr. R. Girard, Violence et sacré, éd. Hachette,Pluriel - retour

  19. Certains auteurs, C.W. von Sydow, O. Huth enracinent le conte merveilleux dans la culture mégalithique pré-indo-européenne, qui prit naissance en Espagne et en Afrique du Nord occidentale. , voir M. Eliade, aspects du mythe, éd. Gallimard, (Idées), p. 237 et sq. - retour

Bibliographie


les chemins de la pensée - textes philosophiques